Mardi 22 décembre. Plusieurs centaines de travailleurs sans papiers en grève se sont rassemblés devant le Palais de Justice de Paris pendant l'audience qui devait statuer sur l'évacuation du piquet de grève du Fafih, rue de la Ville-l'Evêque dans le 8ème arrondissement.Ce piquet de grève, le plus important de la capitale, rassemble près de 1800 grévistes sans papiers travaillant dans la restauration, le commerce et les services. Cette adresse est aussi devenue au fil des deux mois de grève le lieu de rassemblement des travailleurs chinois en lutte (plus de 700) pour leur régularisation.
Malgré la tenue admirable du piquet de grève, la direction du Fafih, organisme paritaire de formation pour les industries hôtelières avait déposé une assignation en justice pour obliger les grévistes à quitter les lieux. Les délégués des grévistes par la voix de leur avocat ont pu expliquer leur situation devant le juge. Salariés sans papiers pour la grande majorité, ils demandent que le piquet de grève soit considéré comme tel. Karl Ghazi, secrétaire général de l'US/CGT commerce de Paris résumait l'audience aux manifestants : "peu d'arguments en faveur de la direction du Fafih qui n'avait pas adressé l'assignation à la bonne personne morale et qui ne pouvait prouver l'entrave à la liberté du travail faite par les grévistes aux salariés du Fafih".
Par contre Karl Ghazi dénonçait l'instrumentalisation de la justice dans un conflit du travail, l'effet pervers d'une éventuelle expulsion étant tout simplement l'entrave au droit de grève.
Le jugement est annoncé pour cet après-midi.
C'est en rentrant de cette audience ou il était présent comme délégué du piquet de grève du Fafih que Saganda Konè a été arrêté lors d'un contrôle de police dans le métro. Mis en garde à vue au commissariat du 4ème arrondissement, il a été relaché aujourd'hui en fin de matinée.

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