lundi 14 décembre 2009
Extraits du rapport du secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, au Congrès de Nantes
"...C’est dans ce contexte que, parmi les précaires, plusieurs milliers de travailleurs ont décidé de redresser la tête pour sortir de leur clandestinité administrative. Je veux parler de la lutte des travailleurs sans papiers, dont beaucoup ont choisi la CGT pour mener leur combat. Plus de 6.000 travailleurs immigrés sont en grève, notamment en Ile-de-France. 2.000 entreprises sont concernées par les grèves, dans 38 départements. 1.500 salariés ont adhéré à la CGT, créé leur syndicat. Ils ne doivent pas être les otages des stratégies politiciennes.
Ils font preuve de beaucoup de courage et de lucidité. Beaucoup de monde reconnaît maintenant le caractère indigne de leur situation, compte tenu de leur place dans la société française, dans son économie, dans ses entreprises. A quel titre devrions-nous accepter qu’ils travaillent, qu’ils cotisent, mais qu’ils n’aient pas le droit de circuler librement ? A quel titre, sauf à considérer que les employeurs devraient disposer d’une main-d’œuvre plus docile encore parce que sous la menace de l’expulsion. Face à la mobilisation, Eric Besson a dû consentir de nouveaux textes. Les 11 syndicats et organisations qui soutiennent maintenant les travailleurs sans papiers les jugent très insuffisants. Ils vont permettre d’autres régularisations après les 2.200 obtenues à l’automne 2008. Mais trop de salariés restent sur le carreau, l’inégalité de traitement suivant les départements reste totale. Comment prétendre dans le domaine social fixer des règles et annoncer qu’elles s’appliqueront pour un quota de 1.000 salariés seulement?
Pour nous, ce n’est pas qu’un combat solidaire entre travailleurs français et immigrés, c’est aussi un combat pour la justice et la dignité de l’ensemble des travailleurs. Le premier engagement que nous pouvons prendre à ce congrès, c’est d’accroître notre solidarité et notre engagement en faveur de la régularisation des travailleurs sans papiers..."
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Bernard Rondeau,
travailleurs sans papiers
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