vendredi 30 octobre 2009
Occupation éclair à la FFB (Fédération Française du Bâtiment).
Mercredi 28 octobre 2009, 130 travailleurs sans papiers ont occupé pendant quelques heures l'accueil de l'immeuble de la FFB pour exiger du gouvernement leur régularisation par le travail.
L'intervention des forces de l'ordre, vers midi, pour évacuer les grévistes s'est faite dans le calme. Les grévistes ont alors manifesté jusqu'à la porte Maillot avant de se disperser.
Ce même jour, les forces de police ont évacué plusieurs sites occupés : Merkhoffer à Morangis, la FNTP (Fédération Nationale des Travaux Publics) rue de Berri près des Champs Elysées, et une agence d'intérim près de Saint Lazare. Avec ou sans décision de justice, les autorités semblent vouloir étouffer le mouvement des travailleurs sans papiers alors que des négociations se déroulent au Ministère de l'immigration.
Mais ces interventions n'entravent pas la détermination d'un mouvement qui se renforce jour après jour, on dénombre ce soir 4 200 grévistes en Ile-de-France, venant d'un trentaine de départements. L'abrogation de la circulaire du 7 janvier 2008, suite à l'action auprès du Conseil constitutionnel menée par le GISTI est "un non événement" selon Francine Blanche, secrétaire confédérale de la CGT : "Cela ne change rien au fait qu'il faut négocier une nouvelle circulaire".
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jeudi 29 octobre 2009
4592 travailleurs-euses sans papiers en grève.
Liste des piquets de grève de l’Acte II du mouvement des
travailleurs-euses sans papier, actualisée au 29 octobre 2009
à 21h00.
mercredi 28 octobre 2009
« On travaille mais on compte comme zéro », article de Cyrielle Blaire.
Comme des milliers d'autres, les 28 ouvriers sans-papiers du chantier GCC de Massy se sont mis en grève le 12 octobre afin d'obtenir une circulaire de régularisation uniforme sur tout le territoire et pour tous les salariés. Tous travaillent depuis des années pour cette entreprise du bâtiment. Reportage.
Tout autour de la gare RER de Massy, dans l'Essonne, le quartier résonne des bruits des chantiers en activité. Un drapeau CGT flanqué à la palissade de l'un deux indique qu'ici se tient pourtant un piquet de grève. Les ouvriers maliens du chantier de la société GCC se sont joints le 12 octobre au mouvement de grève des travailleurs sans-papiers. Ils ne quittent jamais les lieux et se relaient pour dormir dans un local suintant d'humidité. « Le matin quand nous nous levons nos matelas sont trempés, c'est très dur », raconte Mamadou Keita, l'un des grévistes. La lutte peut durer des semaines comme des mois, pourtant tous prêts à tenir jusqu'au bout malgré les sacrifices financiers entraînés par une longue grève. « Nous sommes déterminés, affirme Fousseni Sacko. Je suis optimiste, ce mouvement est historique. Jamais avant nous n'avions eu le soutien de cinq organisations syndicales et de six associations! »
Les raisons qui les ont poussés à s'engager dans cet Acte II sont nombreuses. « On travaille, on cotise, on paie des impôts mais quand on est sans-papier on est zéro », s'indigne Badjegui Sacko. Cet ouvrier désigne son camarade Fousseni : « Avec des papiers on peut-être responsable. Lui, s'il n'était pas sans-papier, cela ferait longtemps qu'il serait chef avec ses compétences! ». Fousseni confirme : « On a aucune possibilité d'évoluer, de demander des formations. Si demain on est régularisés on pourra réclamer ces droits. Mais là on ne peut rien demander, tu dois rester muet. » Et ces ouvriers comme tant d'autres sont obligés faute de papiers d'accepter les conditions de travail qui leur sont imposées par leur entreprise quelque elles soient. « Le patron sait qu'on n'a pas de papiers et en profite, lâche Mamadou. Quelqu'un qui a des papiers touche 13 euros de l'heure. Mais nous c'est 8 ou 9 euros, on n'a pas le choix. »
En attendant de gagner ce bras de fer, ils profitent de leurs heures d'oisiveté pour prendre des cours de français. Les murs en témoignent où sont accrochés des exercices de grammaire.
Cyrielle Blaire
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mardi 27 octobre 2009
Cuisine amère au centre Pompidou, article de Cyrielle Blaire.
Le cadre est idyllique, l’envers du décor beaucoup moins. Les clients du très tendance restaurant Chez Georges l’ont appris à leurs dépens jeudi 22 octobre. 40 grévistes ont envahi dans l’après-midi ce restaurant situé au 6e étage du Centre Pompidou. « On est monté, on était 40 personnes en tout à entrer dans le restaurant, explique Boubou Ndiays, l’un des grévistes. Quand on est arrivé, la directrice s’est mise à crier il n’y a pas de sans-papiers qui travaillent chez nous ! Les clients sont partis, ils nous regardaient bizarrement. »
Quatre travailleurs de l’établissements et une trentaine de travailleurs sans-papiers isolés ont planté leur piquet de grève dans ce restaurant avec l’aide de l’union locale CGT du 4e arrondissement.
« J’ai fait tous les postes ici depuis quatre ans, raconte Boubou Ndiays. J’ai été commis et maintenant je suis demi chef de partie : je fais la garniture, les poissons, les entrées parfois même je fais la plonge. Les jours de repos, en soirée au dernier moment, sans me demander mon avis ils m’appellent et je travaille. Ils savent que je n’ai pas de papier, ils profitent de ma situation. Ils gueulent si t’es pas content tu prends la porte. On en a marre. Je paie des impôts comme les autres, je paie mes cotisations, les 550 euros de mon loyer à Ivry…» Cela fait neuf ans que ce salarié est employé par le groupe Costes, auquel appartient Chez Georges. « En 2008, la grève des travailleurs sans-papiers à la Tour d’Argent, c’était déjà le groupe Costes. C’est toujours les mêmes qu’on retrouve », constate Raymond Cheauvau, le coordinateur de la CGT.
Cyrielle Blaire.
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Compte rendu de la conférence de presse du 26 octobre 2009, article de Cyrielle Blaire.
Les onze organisations syndicales et associations réclamant une circulaire uniforme pour tous les travailleurs sans-papiers s’étaient donnés rendez-vous, lundi 26 octobre, pour un point presse devant le Centre Georges Pompidou.
« Les préfectures n’ont pas à pratiquer l’arbitraire. Nous demandons tous ensemble une circulaire qui permette une égalité de traitement pour tous les travailleurs sans-papiers, quelque soit la taille de leur entreprise, leur statut et leur département, a indiqué Francine Blanche, secrétaire confédérale de la CGT. On demande que les critères existants soient simplifiés et surtout améliorés. Il y a encore un certain nombre de discrimination, par exemple pour les travailleurs algériens et tunisiens à cause d’accords bilatéraux signés avec leurs pays, ou pour les travailleurs du secteur du nettoyage qui n’ont pas de temps plein. Il faut qu’on mette tout ça sur la table pour faire en sorte que chaque salarié qui vit ici, qui bosse ici, reste ici ! »
La secrétaire de la CGT a affirmé que le mouvement atteignait à ce jour 4000 grévistes. Elle a souligné que les occupations de fédérations patronales (note : comme la FNTB) posaient la question des salariés de très petites entreprises. « Ils se regroupent dans des fédérations patronales car ils ne peuvent pas faire grève dans leur entreprise… ils sont tous seuls ! Faire grève chez leur sous-traitant ? On leur dit vous n’êtes pas mon salarié. Chez le donneur d’ordre ? On leur dit je ne vous connais pas. » (note : la Direction générale du travail leur a reconnu dans la soirée le droit constitutionnel de faire grève). Le représentant de l’Union syndicale solidaire a fait part de cas de violences sur les piquets de grève. « On fait face sur certains sites à des employeurs qui jouent la carte de la tension en faisant appel à des sociétés de sécurité qui interviennent en parfaite illégalité et en violation du droit de grève. C’est le cas rue des meuniers dans le 12e. »
Prenant la parole à son tour, Emmanuel Terray, représentant de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) a souligné l’importance historique de cette appropriation de la grève par des sans-papiers : « C’est un pas en avant extrêmement important dans le mouvement des sans-papiers. Avant 1996, les sans-papiers étaient des « clandestins ». Avec saint-bernard tout le monde les a vu et ils se sont devenus des « sans-papiers ». Grâce au mouvement commencé en 2008 et qui s’est amplifié cette année, se sont devenus des « travailleurs sans-papiers ». Et c’est l’expression « travailleur » qui compte ! ». Marylin Poulain, représentante de l’association Autremonde a rappelé qu’un grand nombre de secteurs fonctionnent grâce aux travailleurs sans-papiers : « Ce sont eux qui construisent nos routes, nos immeubles, qui travaillent dans les cuisines de nos restaurants, qui nettoient nos bureaux… Ils cotisent, paient des impôts, il ne leur manque qu’une carte de séjour pour pouvoir vivre dignement dans notre société. » Car sans titre de séjour, ces travailleurs se retrouvent dans l’impossibilité de revenir lors de leur congé rendre visite à leur famille. Une situation qui dure des années. « La migration, c’est le mode d’existence de l’humanité, insiste le représentant de Réseau Education Sans Frontières (RESF). On soutient le mouvement car ces sans-papiers sont les parents de nos élèves et des camarades de nos enfants, et en tant qu’éducateurs, il nous est impossible d’inculquer des valeurs de démocratie, de solidarité, de liberté quand la société organise l’exclusion d’une partie d’elle-même, des sans-papiers. La société française est aujourd’hui métissée, mélangée, et s’accepte comme telle ».
Cyrielle Blaire
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lundi 26 octobre 2009
Les travailleurs sans papiers manifestent devant la Direction générale du travail.
Ce soir, lundi 26 octobre 2009, un rassemblement de travailleurs sans papiers s'est tenu devant la Direction générale du travail. Une délégation de responsables syndicaux a été reçue. Ceux-ci ont réaffirmé le caractère de "conflit social" de la lutte des travailleurs sans papiers et ont demandé que la Direction générale du travail participe aux négociations en cours avec le Ministère de l'Immigration sur la régularisation des travailleurs sans papiers.
samedi 24 octobre 2009
Les travailleurs sans papiers asiatiques renforcent le mouvement, article de Cyrielle Blaire.
La journée du 23 octobre 2009 pourrait marquer l'un des tournants de ce mouvement. Une quarantaine de travailleurs sans papiers chinois (essentiellement des femmes) pour la plupart dans la confection et la restauration à domicile, le bâtiment, les services d'aides à la personne se sont lancées dans la grève, occupant le siège du Medef de Roisny-sous-bois. Ce premier pas dans la lutte marqué par la communauté asiatique est hautement symbolique.
L'assemblée des délégués des piquets de grève, réunis à Montreuil ce jour là pour faire le point, ne s'y est pas trompée. Ces délégués se sont levés d'un seul homme et ont triomphalement applaudi l'arrivée de ces jeunes femmes. Au cours de l'après-midi la police avait fait évacuer les grévistes du siège du Medef, mais à n'en pas douter, elles devraient reprendre la lutte ailleurs dans les jours qui viennent encore plus nombreuses
A ce jour, la CGT dénombre 3845 travailleurs en lutte en Ile-de-France, et "200 nous rejoignent tous les jours", ajoute Raymond Chauveau, le coordinateur du mouvement pour ce syndicat. Francine Blanche, revenant sur le rendez-vous de la veille au ministère de l'immigration, a expliqué : "le ministère ne nous parle que de flux migratoires, et nous leur parlons pour notre part des travailleurs qui vivent en France et de droit du travail. Ils sont bien embêtés et ne savent pas quoi nous répondre."
Cyrielle Blaire.
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jeudi 22 octobre 2009
Adec : un piquet de grève tout feu tout flamme
Depuis une semaine, les travailleurs d'Adec sont en grève sur le chantier du prochain hôtel Majestic. Le droit d'occuper son lieu de travail par des salariés en grève est inaliénable. Dur constat pour le patron d'Adec et le propriétaire des lieux qui ne peuvent se résoudre à négocier avec des hommes qu'ils considéraient comme des moins que rien, il y a encore 8 jours. Alors, coïncidence surprenante, ce mardi matin (20/10/09), un incendie se déclare dans le bureau du chef de chantier.
Les pompiers interviennent, puis les policiers évacuent, pour "des raisons de sécurité", les grévistes. L'un d'entre eux sera victime des gaz lacrymogènes, un autre recevra des coups de matraque, certainement des mesures efficaces pour préserver la santé des travailleurs sans papiers. Les grévistes dehors, le patron fera installer des chaînes et un cadenas sur la porte d'entrée principale, interdisant aux grévistes l'accès au chantier.
Mais dans l'après-midi, le destin penchera du côté des ouvriers. Une grille défaillante, une fenêtre laissée ouverte par les pompiers, et les grévistes réinvestissent avec détermination les lieux. La joie, les danses et le son des djembés contrastent avec la mine grise des responsables patronaux.
De nombreux militants parisiens rejoignent en fin d'après-midi la rue La Pérouse. La police, de nouveau sur les lieux, assure qu'elle n'interviendra pas de nouveau et c'est avec résignation que les représentants du propriétaire des lieux acceptent d'ouvrir des discussions le lendemain.
En fin de journée, dans la pénombre, car l'électricité a été coupée, les grévistes peuvent enfin prendre un repas avec les militants syndicaux et associatifs restés sur place.
La nuit est maintenant tombée. Peu à peu, les travailleurs sans papiers rejoignent le dortoir improvisé dans la salle des vestiaires. Ils se relaient toute la nuit, les uns dormant, les autres assurant la garde du piquet de grève.
Lire aussi : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article93047
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mercredi 21 octobre 2009
Plus-Net : soirée de soutien vendredi 23/10/09.
Les salariés sans papiers de Plus - Net, entreprise de nettoyage sous-traitante de Bouygues, ont été convoqués vendredi 16 octobre 2009 à la préfecture de Bobigny pour obtenir leur régularisation après 361 jours de grève.
Après une année de grève, une année sans salaire, les Plus - Net ont besoin de soutien financier et organisent une soirée vendredi 23 octobre 2009 à partir de 19h.
Salle des fêtes, Marie de Montreuil
Témoignages, spectacle : Nage, Tarace Boulba, TLM...
Restauration. Plat africain : 5 €
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lundi 19 octobre 2009
La prise de la Madeleine, article de Marion Esquerré.
Lundi 12 octobre 2009, 9 heures. Ils sont 45 a s'être donné rendez-vous dans le quartier de la Madeleine, à Paris. Séparés en trois groupes pour ne pas attirer l'attention des forces de l'ordre très nombreuses dans le quartier - et pour cause, nous sommes à deux pas du ministère de l'intérieur ! Ils sont tous travailleurs sans papiers dans des restaurants, des hôtels, des cafés, en Ile-de-France. Ils ont décidé d'occuper l'organisme qui collecte l'argent de la formation professionnelle de la branche, le FAFIH, situé à deux pas de l'UMIH, le principal syndicat patronal.
Accueillis plutôt cordialement, les grévistes s'installent entre le petit hall d'accueil et les couloirs du rez-de-chaussée. Une demi-heure plus tard, Rémi Picaud (CGT commerce et services de Paris) est reçu dans les locaux voisins de l'UMIH par la présidente, Christine Pujol. A la faveur des grèves de 2008, le problème des travailleurs sans papiers est devenu un sujet sensible dans la profession, mais la fédération patronale est restée relativement passive, préférant concentrer son travail de lobbying auprès du gouvernement sur l'obtention de la baisse de la TVA à 5,5%. Après avoir envisagé une évacuation par la police, l'UMIH y a renoncé. Le soir, plus de 150 travailleurs supplémentaires avaient rejoint le piquet de grève...
Marion Esquerré.
Paru dans l'Humanité Dimanche n°182 du 15 octobre 2009
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dimanche 18 octobre 2009
Les travailleuses sans papiers dans la lutte pour leur régularisation.
Les embûches se multiplient pour la régularisation des travailleuses sans papiers. Employées souvent dans les services à la personne, le nettoiement ou la restauration, ces femmes se voient refuser leur régularisation par les préfectures sous prétexte que les contrats de travail sont à temps partiel et qu'elles auraient des salaires insuffisants pour vivre décemment en France.
A suivre la logique de l'administration française, il faudrait expulser de l'hexagone des centaines de milliers de femmes et d'hommes qui travaillent à temps partiel ou qui vivent dans la précarité.
Ces femmes se sont donc regroupées, hier de Bastille à Opéra, derrière les banderoles de Femmes-Egalité, de Droits Devant !! et de la coordination 93 pour réclamer une réelle égalité Homme - Femme et une circulaire pour leur régularisation.
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La carte de gréviste : première reconnaissance
Les travailleurs sans papiers de l'intérim sont entrés en masse dans la grève pour obtenir leur régularisation. Occupant les agences d'intérim du quartier Saint Lazare, ils sont plus de 700 à réclamer la reconnaissance de leur présence sur le sol français par le travail.
A l'agence Synergie de la rue de Rome, occupée par une centaine de grévistes, les militants CGT se relaient heure après heure, pour remplir les cartes de grévistes, délivrées sur présentation de justificatifs de travail (feuille de paye).
Ce papier, non officiel, mais tellement symbolique, délivré nominativement à chaque salarié en grève, est le premier signe de leur existence réelle dans le monde du travail. Faite en double avec un numéro d'inscription, cette carte difficilement falsifiable atteste de la présence du travailleur dans le mouvement.
Et la fierté de ces hommes sans papiers n'est pas feinte lorsqu'ils signent leur carte, avec leur photo d'identité et leur vrai nom. Recouvrant leur identité, ils sortent enfin de l'ombre
ou le système les avaient plongé, et les maintenaient, sacrifiant leur dignité sur le sacro- saint autel du profit à tout prix.
Lire aussi : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article92614
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mercredi 14 octobre 2009
Grève des travailleurs sans papiers aux ateliers RATP de Championnet.
23 salariés intérimaires travaillant pour la société ASTEN ont occupé la cour des ateliers centraux de la RATP, rue Championnet dans le 18ème arrondissement de Paris, ce mardi 13 octobre 2009, avant d'être évacué par la police en fin de journée.
Entrant dans ce site à 7h du matin, ces travailleurs sans papiers s'étaient tranquillement installés sur le parking de la direction, distribuant des tracts aux salariés de la RATP. Toute la journée, ils ont pu expliquer leurs conditions de travail épouvantables. Rénovant les stations de métro, ces africains de l'ouest qui travaillent en France depuis plusieurs années remplace le bitume qui revêt les quais du métro parisien. Remontant les plaques de 50kg à la surface sur leur dos avec, comme seule protection, des sacs de toile posés sur leur tête, ces forçats de la nuit travaillent le bitume en fusion jusqu'à 6h du matin, sans masque, sans casque ni chaussures de sécurité pour 80 euros la nuit de 10 heures.
Nous sommes bien loin des conditions de travail et de sécurité en vigueur à la RATP qui s'appliquent normalement aux salariés de la Régie comme aux sous-traitants.
Installant des tentes et des matelas dans la cour de Championnet pour y passer la nuit, les travailleurs sans papiers furent rejoints à 16h par des représentants des organisations syndicales et des associations signataires d'une lettre au 1er ministre demandant l'édition d'une circulaire pour la régularisation des travailleurs sans papiers.
Après avoir visionné une vidéo montrant le travail de ces salariés, un point presse était organisé.
C'est peu après le départ de la presse et des représentants syndicaux qu'à eu lieu l'intervention de la police, évacuation "illégale"selon Hervé Goix de l'UD CGT de Paris qui dénonce un manque d'injonction judiciaire. Cette évacuation manu-militari menée par un nombre impressionnant de CRS en tenue anti-émeute se sera faite néanmoins sans violence. Elle illustre le trouble de la Direction de la RATP dont l'image d'entreprise citoyenne perd aujourd'hui un peu de son éclat. Les nombreux représentants de la CGT RATP présents au point-presse sauront, n'en doutons pas, exiger de leurs dirigeants de meilleures conditions de travail pour les salariés des entreprises sous-traitantes et le respect des règles élémentaires de sécurité.
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mardi 13 octobre 2009
Des travailleurs sans papiers s'invitent à l'hôtel Majestic.
L'immeuble de l'avenue Kleber, près de la Place de l'Etoile, abrita d'abord l'Hôtel Majestic, avant d'être transformé en centre de conférences internationales par le gouvernement français après la guerre.
Ce joyau de l'Etat vendu en 2008 à des investisseurs qataris doit retrouver sa vocation initiale de palace de luxe.
Les travaux de rénovation ont donc débuté cette année, par un chantier de démolition réalisé par la société Adec.
Celle-ci emploie une cinquantaine de salariés sans papiers qui se mettent en grève le lundi 12 octobre 2009, occupant le chantier.
Comme leurs camarades d'Ile-de-France, ils demandent leur régularisation. Intérimaires "à plein temps" chez Adec, ces salariés sans papiers dénoncent les conditions de travail qu'ils rencontrent sur les chantiers.
Les salaires calculés à minima malgré la qualification des ouvriers, les menaces continuelles de perte d'emploi sont leur lot quotidien. L'argument choc du patron : "si tu refuses, t'es viré" est significatif de l'ambiance dans cette entreprise pour le moins étonnante. Beaucoup de chantiers, quelques conducteurs de travaux et responsables de sites en CDI et une masse de salariés sans papiers, intérimaires, corvéables à souhait. Une belle organisation pour pouvoir répondre aux appels d'offre et emporter les marchés au mieux-disant, moyennant une belle marge bénéficiaire à l'arrivée.
Lr hic dans cette belle mécanique c'est la révolte de ces esclaves contemporains qui ne supportent plus ces conditions de vie et de travail rappelant un autre temps, celui des colonies, époque que l'on pouvait penser révolue.
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Occupation de la FNTP (Fédération Nationale des Travaux Publics).
Le lundi 12 Octobre vers 10h, 150 salariés sans papiers du bâtiment s'engouffrent par un sas étroit dans les locaux de la Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP).
C'est pour eux, comme pour des centaines de travailleurs sans papiers dans d'autres lieux, le début de la grève et de l'occupation des locaux de cette fédération patronale. Ils demandent qu'une circulaire de régularisation définissant des critères simplifiés et améliorés soit éditée par le gouvernement et appliquée de manière uniforme sur l'ensemble du territoire français.
En quelques secondes, les locaux sont investis pacifiquement. Les grévistes s'installent dans les salles de réunion et élisent des représentants.
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lundi 12 octobre 2009
Onze organisations syndicales et associations s'adressent au 1er ministre François Fillon
La CGT, la CFDT, Solidaires, la FSU, l’UNSA, la Ligue des Droits de l’Homme, la Cimade, le Réseau Education Sans Frontières, Femmes Egalité, Autremonde et Droits devant! se sont adressés par courrier au Premier ministre pour lui demander"que soit éditée une circulaire de régularisation des salarié(e)s, qui permette d’en finir avec ces blocages et ces discriminations constatés."
Voici le contenu de ce courrier :
dimanche 11 octobre 2009
17/09/09 - Initiative de soutien aux travailleurs sans papiers intérimaires
Depuis septembre 2008, les travailleurs sans papiers de l'intérim ont rejoint le mouvement de grève, afin d'obtenir leur régularisation. En lutte depuis plus d'un an, occupant plusieurs agences d'intérim, ces travailleurs auraient du voir leur régularisation aboutir.
En effet, le Ministère de l'Immigration, sous forme de télégrammes en date du 29 octobre 2008 et du 15 décembre 2008 donnait des directives en ce sens aux diverses préfectures comme aux Directions de l'Emploi et de la formation professionnelle. Les critères définis par le Ministère sont clairs : les travailleurs sans papiers résidant en France depuis 5 ans avec 12 mois d'activité salariale, y compris ceux embauchés en tant qu'intérimaires, sont maintenant "régularisables".
Pourtant les dossiers de régularisation des intérimaires sont le plus souvent rejetés en préfectures. Les directives du Ministère sont interprétées de manière restrictive, laissant les employeurs, les grands donneurs d'ordre continuer à utiliser une main d'oeuvre totalement flexible car sans papiers.
Ce jeudi 17 septembre 2009, une soirée de soutien était organisée Bd Magenta devant l'agence Adecco,
occupée depuis un an. Devant 200 grévistes de l'intérim réunis à cette occasion, Francine Blanche, secrétaire confédérale de la CGT, a rappelé les critères définis par les patrons de l'Intérim et le Gouvernement pour régulariser les travailleurs sans papiers.
"Aujourd'hui, les dossiers déposés en Préfecture sont bloqués, l'Etat ne respecte pas sa parole, c'est très grave" s'exclame Francine Blanche.
Après des prise de parole de Philippe Tixier, secrétaire de l'Union syndicale de l'intérim CGT, et de Raymond Chauveau, animateur du mouvement des travailleurs sans papiers, la soirée s'est conclue par un repas fraternel.
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