mercredi 2 décembre 2009

Travailleurs-euses sans papiers - Déclaration commune.



DECLARATION COMMUNE
CGT, CFDT, FSU, UNSA, Solidaires, Ligue des droits de l’homme, Cimade, Autremonde, femmes Egalité, RESF, droits devant !!


Le vendredi 20 novembre, les organisations syndicales et les associations signataires de la lettre du premier ministre du 1er octobre ont publié une déclaration.
Dans cette déclaration, elles rappellent les points qui demeuraient en suspens après quatre semaines de discussions. Cette demande a été reprise dans un second communiqué du 24 novembre.
Pour toute réponse, le ministre de l’Immigration publie une circulaire et un document annexe qui ne tiennent aucun compte des observations présentées.
La circulaire rendue publique est remarquablement vide et floue et laisse une très large marge d’interprétation aux préfectures, dont l’arbitraire avait précisément été à l’origine de l’interpellation du Premier Ministre et par suite du conflit. Quant au document annexe, il s’agit d’un texte dépourvu de toute valeur juridique.
Bien entendu, les grévistes vont être consultés et donneront leur appréciation sur ce texte.
Cependant nous devons rappeler dès maintenant que l’essentiel de nos revendications restent insatisfaites :
• Une durée de séjour qui serait fixée arbitrairement à 5 ans est inacceptable.
• La circulaire concerne les seuls travailleurs déclarés et laisse entièrement de côté les travailleurs non déclarés et en particulier les travailleuses du service à la personne. Tous ces salariés ne demandent qu’à cotiser.
• Les Algériens et les Tunisiens sont exclus du champ d’application du texte.
• La circulaire continue de parler de métiers et de bassins régionaux d’emploi en tension, alors que les travailleurs (euses) sans papier travaillent souvent depuis des années dans notre pays et sont déjà pris en compte dans les statistiques de l’emploi.
Dans ces conditions, nous disons nettement qu’en dépit de quelques avancées que nous avons reconnues, le compte n’y est pas.
Compte tenu du caractère flou de la circulaire et de l’absence totale de valeur juridique du document annexe, nous considérons que la discussion peut et doit se poursuivre. Nous demandons à être reçus de nouveau par le Ministre de l’Immigration et surtout par le Ministre du Travail.
Il s’agit en effet d’un conflit du travail : des travailleurs que leur situation irrégulière prive d’une partie de leurs droits demandent, par le moyen de leur régularisation, à être rétablis dans l’intégralité de leurs droits. L’enjeu est clair : allons-nous continuer d’accepter la surexploitation de tous ces travailleurs ou mettre un terme à une situation inacceptable au regard du droit du travail et des valeurs de la République !
Paris, le 27 novembre 2009
http://www.cgtparis.fr/

mardi 1 décembre 2009

Des milliers de manifestants disent non "à l'immigration jetable".



Dimanche, dans les rues de Paris, c'est plus de 10 000 personnes qui ont défilé de Luxembourg au ministère de l'immigration pour exiger une circulaire de régularisation aux critères améliorés et pour dire non "à l'immigration jetable". Cette manifestation clôt une semaine ou l'on a vu tour à tour le ministre du travail Xavier Darcos et le ministre de l'immigration Eric Besson s'exprimer sur le dossier des travailleurs sans papiers sans pour autant répondre aux demandes formulées par les 5 syndicats et les 6 organisations qui soutiennent ce mouvement.
Dimanche dernier, c'était Xavier Darcos qui voulait fermer administrativement les entreprises qui employaient des travailleurs sans papiers. Propos étonnants puisque 1800 entreprises sont touchées par cette grève.  Puis ce fût au tour d'Eric Besson de sortir une circulaire qui ne répondait pas aux attentes des salariés en grève. Cinq années de présence en France, douze mois salarié dans une entreprise et une promesse d'embauche pour un an dans un secteur en tension, tels sont les critères de cette nouvelle circulaire pour pouvoir être régularisé. Et pas un mot pour les femmes sans papiers qui travaillent dans l'aide à la personne et sur les Tunisiens et Algériens exclus de ce texte. 
Seules quelques avancées pour les travailleurs intérimaires sont actées comme positives par les syndicats.
La réponse des travailleurs sans papiers en lutte est cinglante pour le gouvernement, qui comptait cette semaine sur l'effritement du mouvement. Cette manifestation montre que leur détermination  est toujours aussi importante. Sept semaines de grève n'ont entamé en rien leur profonde envie de reconnaissance dans un pays ou ils travaillent et ou ils cotisent depuis souvent de longues années.
Un sondage Ifop publié par l'Humanité, exprime aussi le décalage existant entre les Français et son gouvernement sur les travailleurs sans papiers. Deux tiers des personnes interrogées (64%) se prononcent pour une régularisation au cas par cas et 24% sont pour une régularisation massive.
D'autre part, 54% pensent que les travailleurs sans papiers jouent un rôle assez important dans l'économie française et 24% un rôle très important (sondage réalisé le 26 et 27 novembre 2009 auprès d'un échantillon national de 995 personnes). 
Ce sondage exprime largement le désir des français de voir les travailleurs sans papiers prendre pleinement leur place dans la société et souligne que le  front syndical et associatif est en phase sur ce sujet avec la population.  D'autres soutiens syndicaux et politiques devraient dans les prochains jours venir renforcer  le mouvement.
En fin de manifestation, Raymond Chauveau, coordinateur du mouvement des travailleurs sans papiers pour la CGT a demandé au gouvernement de reprendre les discussions pour parvenir à un texte de régularisation avec des critères adaptés prenant en compte la situation réelle des travailleurs sans papiers.

vendredi 27 novembre 2009

Le piquet de grève d'Adec tient bon



Ce matin, les forces de l'ordre ont essayé d'évacuer le piquet de grève des salariés sans papiers d'Adec, sur le chantier de l'hôtel Majestic, rue La Pérouse dans le 16ème arrondissement de Paris. Muni d'une décision de justice, l'huissier de Qatari Diar (le propriétaire) voulait procéder à l'évacuation des grévistes d'Adec, arguant qu'il ne connaissait pas le nom des occupants.
Les CRS étaient en place, prêts à intervenir et rien ne semblait pouvoir les dissuader, ni la cinquantaine de grévistes à l'intérieur, ni les quelques militants et journalistes accourus sur place. Tous les accès étaient bouclés. Devant la fenêtre qui sert normalement d'ouverture au piquet de grève, une demi-douzaine de CRS interdisait toute communication entre l'intérieur et l'extérieur et l'on pouvait juste deviner les camarades d'Adec préparer dans l'obscurité leur sortie (l'électricité est coupée depuis le 20 octobre).
Hervé Goix, militant de l'UD CGT de Paris, négociait pied à pied avec le commissaire de police et l'huissier du propriétaire. Pour lui, cette décision de justice ne reflétait pas la réalité de la situation. En effet la liste des grévistes occupant le site avait bien était remise à la Société Adec, et c'est en toute légalité que ce mouvement avec occupation du lieu de travail se déroulait. Arguments contre arguments, la bataille était aussi téléphonique entre la Préfecture et les syndicats. Patrick Piccart, secrétaire de la CGT à Paris développait les mêmes thèses qu'Hervé Goix. Un flottement sensible se percevait dans les rangs de la police. Eux aussi en contact permanent avec la Préfecture voulaient s'assurer du bien fondé de cette décision de justice.
Pendant ce temps, une dizaine de grévistes d'Adec restés dehors arboraient devant les caméras de télévision leurs cartes professionnelles de chez Adec ou Bouygues, qui leur permettaient d'accéder aux chantiers. Il était clair que les 62 grévistes d'Adec occupaient bien le chantier sur lequel ils travaillaient.
Peu après 11 heures, Une première escouade de CRS sortait de l'ancien Centre des congrès du ministère des Affaires Etrangères, suivis rapidement des autres fonctionnaires de police. Le droit de grève l'emportait enfin et la fenêtre de la rue La Pérouse s'ouvrait de nouveau. Les retrouvailles étaient chaleureuses et Mr Doucouré, délégué des travailleurs sans papiers d'Adec, pouvait répondre aux nombreuses sollicitations de la presse. Pour lui, cette nouvelle épreuve n'entamait pas la détermination du piquet de grève. Ils resteraient ici jusqu'à l'obtention d'une circulaire de régularisation prenant en compte les réalités de leur vie. Hervé Goix, quant à lui, insistait sur la notion de conflit du travail, reconnu par les autorités.
Qatari Diar (fond souverain du Qatar et son associé Peninsula (groupe hôtelier de Hong Kong) devront encore attendre pour reprendre les travaux d'aménagement du futur hôtel de luxe de l'avenue Kléber. Peut-être devraient-ils faire pression sur l'entreprise Adec pour qu'elle remplisse ses engagements auprès de ses salariés sans papiers au lieu d'essayer de contourner le code du travail.
La fenêtre sans grilles de la rue La Pérouse restait encore aujourd'hui ouverte sur le droit et la liberté.

mercredi 25 novembre 2009

Extraits du film en tournage "On vit ici"

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Ils travaillent en France, sont salariés, paient leurs cotisations et leurs impôts, acceptent tout de leurs employeurs. Même l'inacceptable. Ils s'appellent Amara, Fanta, Djimo ou Bocar. Ils sont sans papiers et sans droits. Jusqu'au jour de la révolte.
Pour être traités comme n'importe quel salarié, un matin, ils se mettent en grève. Leur but : obtenir leur régularisation et vivre dans la lumière et la dignité.
Cyrielle Blaire et Bernard Rondeau travaillent depuis plus d'un an à la réalisation du film "On vit ici" qui retrace le combat des travailleurs sans papiers en France.
Le tournage avait rendez-vous avec l'actualité de la lutte. Voici quelques extraits des images réalisées lundi 23 novembre à la Défense.
TOUS DROITS RESERVES - © CYRIELLE BLAIRE & BERNARD RONDEAU - 2009

mardi 24 novembre 2009

Second round à la tour first



Lundi 23 novembre, plus de 300 grévistes sans papiers se sont réunis et ont décidé de réinvestir le chantier de la tour first à la Défense. En réponse aux déclarations du ministre du travail, Xavier Darcos, qui menace les entreprises qui emploient des sans papiers de fermeture administrative, les grévistes du bâtiment voulaient par cette action lui rappeler que les donneurs d'ordre comme Bouygues sont les premiers à utiliser leurs bras et leur force de travail. De plus, ils voulaient, en revenant sur ce chantier, protester sur l'interdiction qui leur est faite de faire grève sur leur lieu de travail, droit pourtant reconnu par le code du travail.
Vers 14 heures, le plus grand chantier européen était de nouveau occupé. Et c'est encore la police qui venait au secours de l'illustre maçon en début de soirée et qui délogeait dans un climat électrique les centaines de grévistes. Ceux-ci organisaient une manifestation jusqu'au métro et se dispersaient dans le calme.
Cette nouvelle action montre la détermination du mouvement des travailleurs sans papiers pour une nouvelle circulaire de régularisation avec des critères qui prendraient plus en compte la réalité de leur vie que les arrières pensées électoralistes.
En effet, ces femmes et ces hommes travaillent en France depuis plusieurs années, cotisent aux organismes sociaux et paient des impôts. Ils ne sont pas une charge pour le pays, au contraire ils participent activement à la vie économique de l'hexagone. Alors pourquoi leur refuser le droit de vivre dignement sur le territoire français? Parce qu'ils seraient des proies faciles pour les patrons voyous? Ou parce qu'une régularisation de milliers de salariés mettrait en péril les échafaudages électoraux scabreux du gouvernement pour les prochaines régionale?

lundi 23 novembre 2009

Témoignages des travailleurs sans papiers de la tour First (Axa)

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Lundi 2 novembre, première occupation du chantier de la tour axa par les travailleurs sans papiers du bâtiment. Beaucoup d'entre eux ont passé de longues semaines sur ce chantier. Intérimaires pour Bouygues ou travaillant pour des sous traitants, comme les salariés de l'entreprise de démolition Adec, ils se sont échinés à reconstruire "la plus grande tour d'Ile de France".
Film réalisé par l'association Autremonde

Nouvelle occupation de la tour First à La Défense






En réponse aux déclarations du ministre Darcos et du ministre de l'immigration Besson ce week-end, 300 travailleurs sans papiers du bâtiment ont de nouveau occupé cet après-midi la tour First à La Défense. Ils demandent le respect du droit de grève sur leur lieu de travail et de meilleurs critères de régularisation que ceux énoncés hier soir par Eric Besson. Les travailleurs sans papiers du bâtiment invitent tous ceux qui veulent les soutenir à les rejoindre à la tour First métro Esplanade de La Défense.

samedi 21 novembre 2009

Interview de Francine Blanche, secrétaire confédérale de la CGT.



Vous pensez obtenir la circulaire que réclament les grévistes ?
Je pense qu’on va l’obtenir cette circulaire, et c’est une grande victoire pour les salariés en lutte depuis le 12 octobre. C’est une lutte commune avec dix autres organisations que la CGT. Si on obtient cela ça sera une victoire du bon sens. La reconnaissance d’une réalité économique à laquelle personne ne peut se soustraire.

Découvrez les reportages d'Elise Barthet du Monde.fr sur le Fafih



Il y a un mois, ils étaient une quarantaine. Aujourd'hui, ils sont plus de trois cents à avoir quitté leurs restaurants et leurs ateliers de confection pour rejoindre le mouvement de grève des travailleurs sans papiers. Contrairement à l'année passée, ils sont venus en nombre aux côtés des Africains. Installés dans les locaux de la Fafih (Fonds d'assurance formation de l'industrie hôtelière), ils se battent pour être régularisés.
Lire la suite sur Le Monde.fr


Voir aussi : Les travailleurs sans papiers déterminés à être régularisés


Des avancées pour les grévistes sans papiers... le mouvement continue



Une première étape dans l’élaboration d’une circulaire de régularisation pour les travailleurs sans-papiers a été franchie. Le ministère de l’immigration a enfin fourni cette semaine un « document de synthèse » aux organisations et associations qui soutiennent le mouvement. Le 18 novembre les délégués des piquets de grève se sont réunis à Montreuil pour examiner cette proposition de texte qui, malgré quelques avancées, ne satisfait pas encore. Notamment sur le temps de présence de cinq ans sur le sol français exigé par le ministère.
« C’est un texte, ce n’est pas la circulaire », précise Raymond Chauveau, le coordinateur du mouvement, en guise de préambule. Devant une centaine de délégués réunis pour l’occasion, le texte fourni par le ministère de l’immigration a été passé au crible par le syndicaliste. « Le gouvernement demande pour les salariés en CDI ou CDD un contrat de douze mois au smic avant la régularisation et de douze mois après le premier Cerfa. Est admis l’idée d’un multi-employeur », a-t-il précisé. Quelques avancées notables ont aussi été enregistrées pour les cas spécifiques. La première concerne les agents de sécurité qui pourront être régularisés. La seconde amélioration concerne les intérimaires : soit ceux-ci basculeront en CDI, soit la boîte d’intérim réalisera un contrat de 12 mois sur 18 qui ouvrira le droit à une carte de salarié, soit l’agence fera une suite de contrats de missions de 9 mois sur 12 mois qui donnera le droit à une carte temporaire. La durée d’activité exigée pour leur régularisation pouvant être fractionnée en plusieurs périodes discontinues et s’effectuer en partie dans d’autres entreprises que la société d’intérim qui les régularise. « L’objectif de nos discussions avec le ministère c’est qu’il y ait le moins d’obstacles possibles à la régularisation des intérimaires, » explique Raymond Chauveau.
Les organisations ont réussi à faire bouger les lignes concernant « la connaissance d’éléments élémentaires de la langue françaises » posé comme condition sine qua none par le ministère. « Nous étions contre, notamment à cause de nos camarades chinois, précise Raymond Chauveau. Désormais ceux qui ont des problèmes avec la langue française, devront simplement s’inscrire pour suivre une formation. » Concernant les femmes qui travaillent dans le secteur de l’aide à la personne, le ministère veut en faire une clause à part qui ne rentrera pas dans la circulaire. Enfin pour les travailleurs au noir, « ils nous ont pas dit non, ils nous ont pas dit pas question, ils nous ont dit on regarde le problème et on va faire des propositions. Et cela concerne aussi le ministère du travail. Cela nous fait deux rencontres à venir : une au ministère de l’intérieur pour les agents de sécurité, l’autre au ministère du travail pour les camarades au noir. »
Mais le point d’achoppement principal touche à la durée de présence en France. « Nous ne pouvons pas accepter les cinq ans de présence sur le territoire français demandés par le ministère, affirme Raymond Chauveau. Il faudrait travailler cinq ans dans la clandestinité pour être régularisé ?. Il va falloir faire bouger cela. »
Cyrielle Blaire.

mardi 17 novembre 2009

Raymond Chauveau fait le point sur le mouvement des travailleurs sans papiers

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