mardi 27 octobre 2009

Cuisine amère au centre Pompidou, article de Cyrielle Blaire.



Le cadre est idyllique, l’envers du décor beaucoup moins. Les clients du très tendance restaurant Chez Georges l’ont appris à leurs dépens jeudi 22 octobre. 40 grévistes ont envahi dans l’après-midi ce restaurant situé au 6e étage du Centre Pompidou. « On est monté, on était 40 personnes en tout à entrer dans le restaurant, explique Boubou Ndiays, l’un des grévistes. Quand on est arrivé, la directrice s’est mise à crier il n’y a pas de sans-papiers qui travaillent chez nous ! Les clients sont partis, ils nous regardaient bizarrement. »
Quatre travailleurs de l’établissements et une trentaine de travailleurs sans-papiers isolés ont planté leur piquet de grève dans ce restaurant avec l’aide de l’union locale CGT du 4e arrondissement.
« J’ai fait tous les postes ici depuis quatre ans, raconte Boubou Ndiays. J’ai été commis et maintenant je suis demi chef de partie : je fais la garniture, les poissons, les entrées parfois même je fais la plonge. Les jours de repos, en soirée au dernier moment, sans me demander mon avis ils m’appellent et je travaille. Ils savent que je n’ai pas de papier, ils profitent de ma situation. Ils gueulent si t’es pas content tu prends la porte. On en a marre. Je paie des impôts comme les autres, je paie mes cotisations, les 550 euros de mon loyer à Ivry…» Cela fait neuf ans que ce salarié est employé par le groupe Costes, auquel appartient Chez Georges. « En 2008, la grève des travailleurs sans-papiers à la Tour d’Argent, c’était déjà le groupe Costes. C’est toujours les mêmes qu’on retrouve », constate Raymond Cheauvau, le coordinateur de la CGT.
Cyrielle Blaire.

1 commentaire:

  1. Bravo pour ce blog.
    Les photos sont magnifiques, les textes émouvants.
    Ce blog permet d'être informé sur la lutte des camarades sans papiers.
    Merci

    RépondreSupprimer