lundi 19 octobre 2009
La prise de la Madeleine, article de Marion Esquerré.
Lundi 12 octobre 2009, 9 heures. Ils sont 45 a s'être donné rendez-vous dans le quartier de la Madeleine, à Paris. Séparés en trois groupes pour ne pas attirer l'attention des forces de l'ordre très nombreuses dans le quartier - et pour cause, nous sommes à deux pas du ministère de l'intérieur ! Ils sont tous travailleurs sans papiers dans des restaurants, des hôtels, des cafés, en Ile-de-France. Ils ont décidé d'occuper l'organisme qui collecte l'argent de la formation professionnelle de la branche, le FAFIH, situé à deux pas de l'UMIH, le principal syndicat patronal.
Accueillis plutôt cordialement, les grévistes s'installent entre le petit hall d'accueil et les couloirs du rez-de-chaussée. Une demi-heure plus tard, Rémi Picaud (CGT commerce et services de Paris) est reçu dans les locaux voisins de l'UMIH par la présidente, Christine Pujol. A la faveur des grèves de 2008, le problème des travailleurs sans papiers est devenu un sujet sensible dans la profession, mais la fédération patronale est restée relativement passive, préférant concentrer son travail de lobbying auprès du gouvernement sur l'obtention de la baisse de la TVA à 5,5%. Après avoir envisagé une évacuation par la police, l'UMIH y a renoncé. Le soir, plus de 150 travailleurs supplémentaires avaient rejoint le piquet de grève...
Marion Esquerré.
Paru dans l'Humanité Dimanche n°182 du 15 octobre 2009
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