lundi 14 décembre 2009
Les fantômes sans papiers du BTP hantent la rue du regard
Depuis une semaine, les travailleurs sans papiers du BTP occupent les locaux du FAF-SAB (fond d'assurance formation pour les salariés de l'artisanat du BTP), 8 rue du Regard, Paris 6ème.En grève depuis deux mois, les grévistes se battent pour obtenir une nouvelle circulaire de régularisation avec des critères clairs, améliorés et valable sur l'ensemble du territoire français.
Occupant d'abord le siège de la Fédération Nationale des Travaux Publics le 12 octobre 2009, avant d'en être délogés par la police deux semaines plus tard. les grévistes sans papiers du BTP multiplient le actions les semaines suivantes. Occupant tour à tour, les bureaux de la Fédération Française du Bâtiment, puis ceux de la Caisse régionale des congés payés du Bâtiment, ils prendront par deux fois le chantier de la tour First à la Défense. Mais à chaque fois, ils ne pourront rester que quelques heures, évacués par les forces de l'ordre, sans qu'une décision de justice ne vienne autoriser l'action de la police.
Pourtant ces travailleurs font bien partie du salariat du Bâtiment, leurs nombreuses cartes professionnelle et leurs feuilles de paye l'attestent. Pourtant ils ont le droit, en théorie, de faire grève avec occupation du lieu de travail. Mais tant pour les employeurs que pour le gouvernement, ils n'existent pas.
Comme des fantômes errant de place en place, les grévistes sans papiers tentent depuis 2 mois de faire valoir leurs droits, de retrouver une visibilité qui leur est niée par leurs patrons.
Cotisant aux caisses sociales, payant leurs impôts, ils n'ont que l'obligation d'aller bosser là ou on leur dit d'aller. Pour les droits que leur labeur devrait ouvrir, c'est le néant. Pas de sécurité sociale, pas de retraite, pas de droit à la formation. Des fantômes pour toutes ces caisses qui empochent leurs cotisations sans dépenses en retour, une aubaine pour la gestion de tous ces organismes, paritaires ou non.
Le problème des travailleurs sans papiers n'est qu'un problème de gros sous. Pour les patrons d'abord, qui voient en eux une main d'oeuvre malléable à souhait qu'ils peuvent utiliser selon leurs besoins sans pour autant les embaucher (la case intérim est parfaite pour cela).
Pour le gouvernement ensuite, qui tout en niant leur indispensable présence dans l'économie, ponctionne les cotisations sociales, opération blanche pour la comptabilité de l'Etat puisque sans dépenses. Par les temps qui courent, un petit plus qui vient masquer les déficits des caisses sociales, dues aux nombreuses exonérations de charges patronales.
Mais les fantômes sans papiers du BTP, comme leurs collègues de la restauration, du nettoyage et de l'aide à la personne hantent maintenant plus de quarante sites occupés, et sont bien décidés à vivre au grand jour, avec des papiers en règle, des droits sociaux activés et une dignité recouvrée.
Ils chatouilleront encore longtemps les pieds du patronat et du gouvernement, pour obtenir leur régularisation.
Libellés :
Bernard Rondeau,
BTP,
diaporama,
FAF-SAB,
grève,
intérimaires,
photographies,
travailleurs sans papiers
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire