vendredi 18 décembre 2009
Meeting des travailleurs sans papiers en grève à la Halle Carpentier
Lundi 14 décembre : les travailleurs sans papiers en grève étaient plus de 3000 pour exiger une nouvelle circulaire de régularisation au meeting organisé à la Halle Carpentier dans le 13ème à Paris. Les tambours chinois répondaient aux djembés africains et ponctuaient chaque intervention de la tribune. Celles-ci exprimaient clairement la détermination des grévistes face au mutisme du gouvernement qui refuse toujours de reprendre le chemin des négociations pour clarifier et améliorer la circulaire de régularisation qu'Eric Besson a présenté le 25 novembre dernier.
Loin de s'essouffler, le mouvement montrait dans ce meeting toute son énergie. "Il s'agit ce soir de donner un ton global à la lutte dans des dizaines d'endroits et de lancer l'axe de lutte des prochains jours. La circulaire Besson n'est pas une circulaire de régularisation mais une circulaire anti-grève, qui amplifie l'arbitraire préfectoral et n'offre aucune garantie" à déclaré Raymond Chauveau, coordinateur CGT des travailleurs sans papiers. Cheng, déléguée des travailleurs chinois a exigé "la fin du travail au noir", d'abord en français, puis en chinois pour les centaines d'asiatiques présents au meeting.
Francine Blanche, de la Confédération CGT, terminait les prises de paroles. Appelant le gouvernement à la raison, elle demandait la réouverture des discussions avec le ministère du Travail.
Ce conflit qui dure depuis 9 semaines n'est pas un problème d'immigration. En effet, les milliers de travailleurs sans papiers sont installés depuis de nombreuses années sur le sol français. Payant leurs cotisations sociales et leurs impôts, ils rentrent dans les statistiques du monde du travail et non dans celles de l'immigration. Quand aux travailleurs au noir, qui sont obligés de le faire par leurs patrons, ils ne demandent qu'une chose : pouvoir cotiser et travailler dans des conditions normales.
Ce combat contre l'inégalité sociale pour des travailleurs privés de droits car laissés en situation administrative irrégulière amène de plus en plus de soutiens de la part de la société française.
D'abord les partis politiques de gauche qui devraient se rassembler largement dans un appel à la régularisation des travailleurs sans papiers. Puis le monde associatif qui apporte son soutien à cette lutte, notamment ATTAC, le MRAP, SOS RACISME, ATMF, ACORT, FASTI, renforcés dans leur démarche par le syndicat de la Magistrature et l'UNEF.
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