mardi 8 juin 2010

Du nouveau à la Bastille

Deux jours riches sur le piquet des piquets de la place de la Bastille. Dimanche, après un orage diluvien, les travailleurs sans papiers grévistes ont eu juste le temps de se sécher avant d'accueillir une trentaine d'artistes venus faire une photo de solidarité sur les marches de l'opéra Bastille.La direction de l'opéra avait accepté le temps de la prise de vue de redonner l'accès de l'escalier tant disputé depuis quelques jours.

C'est donc dans une jolie cohue qu'une centaine de grévistes ont repris pied sur les marches avec en autre Josiane Balasko, Jacques Higelin, Fanny Cottençon, Ariane Ascaride, Emilie Loizeau, Romain Goupil et Christophe Ruggia. Au bout d'une demie heure et après les prises de parole d'usage, la troupe a joyeusement cédé la place aux gendarmes mobiles, sans violence cette fois.

A noter que cette photo lançait aussi la mobilisation pour le concert "rock sans papiers" qui sera organisé le 18 septembre à Bercy au profit des travailleurs et familles sans papiers.
Le lendemain,  après une journée d'attente, Raymond Chauveau annonçait qu'une nouvelle réunion de négociations aurait lieu vendredi prochain avec les ministères du travail et de l'immigration.
Chacun, sur le parvis de l'opéra, attend aujourd'hui impatiemment les résultats de cette rencontre, espérant que cette lutte de 8 mois apportera les critères de régularisation espérés. Une attente mise à profit pour recueillir les cerfas (promesse d'embauche) qui manque encore à l'appel pour certains camarades.
La détermination des grévistes ne faiblit pas et ils sont toujours plusieurs centaines à dormir à la Bastille chaque nuit. Les matins se ressemblent : lever vers 5 heures, nettoyage du parvis et petit déjeuner. puis les discussions s'engagent avec la lecture de la presse, dérangée parfois par une sirène ou un gyrophare. Depuis jeudi, les grévistes sont plus méfiants à l'écoute de certains bruits. Le véhicule suspect passé, on se replonge dans les quotidiens qui parlent plus souvent que d'habitude de la grève, et cette fois dans les pages sociales. Ce conflit de travailleurs exigeant les mêmes droits que n'importe quel salarié semble arriver à son terme. Les patrons ont rempli les promesses d'embauche, les grévistes ont tenu le coup et par leur courage ont amené une très large partie de la société française à les soutenir. Il ne manque que la signature d'Eric Besson pour rendre justice à ces femmes et ces hommes qui méritent toute notre admiration. 


Artistes et écrivains avec les sans papiers à la Bastille
envoyé par laissezlesgrandirici. - L'info internationale vidéo.
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