Comme en 1997 avec le film "Nous, sans papiers de France" et en 2007 avec le film "Laissez les grandir ici", le cinéma français s'engage une nouvelle fois pour les droits des sans papiers.
Soutenant le mouvement des travailleurs sans papiers en grève depuis 4 mois pour l'obtention d'une nouvelle circulaire de régularisation, les réalisateurs se sont attachés à montrer la réalité d'un pan du monde du travail ou le droit n'existe pas, ou l'exploitation règne sur des milliers de travailleurs, salariés ou bossant "au noir". Parcourant pendant une semaine les piquets de grève d'Ile de France, recueillant au fil des rencontres les témoignages de ces esclaves contemporains, le collectif des cinéastes pour les sans papiers nous restitue avec justesse la parole des travailleurs sans papiers, leur histoire, leur détresse parfois, mais surtout leur espoir de gagner par la lutte cette part de dignité que le manque de papiers leur a confisqué.
Des devoirs, ils en ont, ils payent pour la grande majorité leurs cotisations sociales, ils travaillent dans des secteurs difficiles comme le bâtiment ou la restauration, ils ne ménagent pas leur peine. Pour les droits, ce n'est pas la même histoire car sans papiers, ils n'ont que celui de se taire. S'ils sont malades, leurs soins ne sont jamais remboursés, s'ils demandent que leurs heures supplémentaires soient payées, c'est "fin de mission" instantanément. Et quand ils rentrent chez eux après leur journée de travail, c'est avec la peur au ventre de se faire contrôler par la police et de se retrouver en centre de rétention.
"On bosse ici, on vit ici, on reste ici" projette dans la lumière ces soutiers de l'économie française, et fera découvrir aux spectateurs avec 500 copies dans les salles de cinéma le quotidien des travailleurs sans papiers.

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