vendredi 27 novembre 2009

Le piquet de grève d'Adec tient bon



Ce matin, les forces de l'ordre ont essayé d'évacuer le piquet de grève des salariés sans papiers d'Adec, sur le chantier de l'hôtel Majestic, rue La Pérouse dans le 16ème arrondissement de Paris. Muni d'une décision de justice, l'huissier de Qatari Diar (le propriétaire) voulait procéder à l'évacuation des grévistes d'Adec, arguant qu'il ne connaissait pas le nom des occupants.

mardi 24 novembre 2009

Second round à la tour first



Lundi 23 novembre, plus de 300 grévistes sans papiers se sont réunis et ont décidé de réinvestir le chantier de la tour first à la Défense. En réponse aux déclarations du ministre du travail, Xavier Darcos, qui menace les entreprises qui emploient des sans papiers de fermeture administrative, les grévistes du bâtiment voulaient par cette action lui rappeler que les donneurs d'ordre comme Bouygues sont les premiers à utiliser leurs bras et leur force de travail. De plus, ils voulaient, en revenant sur ce chantier, protester sur l'interdiction qui leur est faite de faire grève sur leur lieu de travail, droit pourtant reconnu par le code du travail.
Vers 14 heures, le plus grand chantier européen était de nouveau occupé. Et c'est encore la police qui venait au secours de l'illustre maçon en début de soirée et qui délogeait dans un climat électrique les centaines de grévistes. Ceux-ci organisaient une manifestation jusqu'au métro et se dispersaient dans le calme.
Cette nouvelle action montre la détermination du mouvement des travailleurs sans papiers pour une nouvelle circulaire de régularisation avec des critères qui prendraient plus en compte la réalité de leur vie que les arrières pensées électoralistes.
En effet, ces femmes et ces hommes travaillent en France depuis plusieurs années, cotisent aux organismes sociaux et paient des impôts. Ils ne sont pas une charge pour le pays, au contraire ils participent activement à la vie économique de l'hexagone. Alors pourquoi leur refuser le droit de vivre dignement sur le territoire français? Parce qu'ils seraient des proies faciles pour les patrons voyous? Ou parce qu'une régularisation de milliers de salariés mettrait en péril les échafaudages électoraux scabreux du gouvernement pour les prochaines régionale?

lundi 23 novembre 2009

Témoignages des travailleurs sans papiers de la tour First (Axa)

video

Lundi 2 novembre, première occupation du chantier de la tour axa par les travailleurs sans papiers du bâtiment. Beaucoup d'entre eux ont passé de longues semaines sur ce chantier. Intérimaires pour Bouygues ou travaillant pour des sous traitants, comme les salariés de l'entreprise de démolition Adec, ils se sont échinés à reconstruire "la plus grande tour d'Ile de France".
Film réalisé par l'association Autremonde

Nouvelle occupation de la tour First à La Défense






En réponse aux déclarations du ministre Darcos et du ministre de l'immigration Besson ce week-end, 300 travailleurs sans papiers du bâtiment ont de nouveau occupé cet après-midi la tour First à La Défense. Ils demandent le respect du droit de grève sur leur lieu de travail et de meilleurs critères de régularisation que ceux énoncés hier soir par Eric Besson. Les travailleurs sans papiers du bâtiment invitent tous ceux qui veulent les soutenir à les rejoindre à la tour First métro Esplanade de La Défense.

samedi 21 novembre 2009

Interview de Francine Blanche, secrétaire confédérale de la CGT.



Vous pensez obtenir la circulaire que réclament les grévistes ?
Je pense qu’on va l’obtenir cette circulaire, et c’est une grande victoire pour les salariés en lutte depuis le 12 octobre. C’est une lutte commune avec dix autres organisations que la CGT. Si on obtient cela ça sera une victoire du bon sens. La reconnaissance d’une réalité économique à laquelle personne ne peut se soustraire.
Et puis c’est une victoire commune une victoire du courage, de la détermination de tous ces salariés qui se battent depuis février 2008 avec la Grande Armée, qui se battent enfin des critères qui soient les mêmes sur tout le territoire, des critères acceptables, compréhensibles, améliorés et simplifiés par rapport aux acquis de 2008. C’est une reconnaissance de ces salariés qui jusque là n’avaient pas de droits, et on espère bien qu’avec la régularisation ils vont pouvoir reconquérir leurs droits de salariés de façon qu’on ait plus de salariés sans droits dans nos entreprises de France.


Ces salariés sans-papiers sont plus fragiles que les autres ?
Ces salariés ont tout supporté jusqu’à maintenant. Qui ont été utilisés de façon ultra flexible, ultra disponible, qui devaient obéir à tout, qui n’étaient jamais malades, jamais en vacances, jamais revendicatifs…Terriblement à la merci de n’importe quel patron. Ils ont supporté cela pendant des années et maintenant ils disent trop c’est trop. Ils ont vu que l’année dernière 2800 salariés grâce à l’action unie avec la CGT et les associations femmes égalité et droits devant !! ont pu être régularisés, sortir de l’ombre, vivre libre et défendre leurs droits, cela leur a donné courage pour dire nous aussi quand on est malade on ne veut pas être obligés de démissionner , au bout d’une année de travail on voudrait pouvoir partir en vacances voir notre famille. Certains cela fait dix ans qu’ils n’ont pas vu leur famille et pas vu leurs gosses grandir. La liberté de circulation ça a été l’une des premières revendications pour laquelle se sont battus les salariés dans notre pays, il faut se rappeler le livret ouvrier. Et puis ils veulent reconquérir les autres droits qu’ont les salariés : pouvoir dire que ses conditions de travail cela ne va pas, que j’ai le droit à un planning, à des jours de vacances, à des augmentations, et si je suis ouvrier qualifié dans le bâtiment j’ai le droit à une paie qui soit autre chose qu’une paie de manœuvre. C’est une lutte libératrice et on voit cela dans les yeux des grévistes. Ils savent qu’avec ce papier ils vont obtenir beaucoup de choses.


Ce mouvement a souvent été qualifié de lutte sociale exemplaire…
Oui c’est vraiment une lutte sociale exemplaire d’abord par l’ampleur de cette lutte. Ils sont 5200 grévistes maintenant sur une quarantaine de sites en région parisienne. Ils viennent de 1800 entreprises différentes. On n’a pas vu cela depuis des années en France. On n’a jamais vu des salariés de toutes petites entreprises qui soient aujourd’hui en lutte et des salariés des entreprises d’intérim. C’est la première grande lutte de la mondialisation qu’on est en train de vivre. Tous ces salariés qui historiquement devaient être des salariés à bas coût qui acceptent tout se sont levés et ils disent tout ça on n’en veut plus. Ces salariés qu’on aurait pu croire les plus fragiles, qu’on aurait pu croire les plus précaires se sont levés. Je pense que ça pourrait être un exemple à suivre pour les salariés des petites entreprises, pour les salariés intérimaires, pour tous ceux qui n’ont pas osé y aller. Ces salariés sans-papiers qui risquent de se faire arrêter chaque fois qu’ils quittent leur travail ou leur piquet de grève, si eux ils ont osés y aller alors tout le monde peut oser y aller. Dans ce sens là c’est une lutte exemplaire.
Quand les responsables ministériels ou des employeurs dénient le droit des salariés intérimaires à la grève parce qu’ils sont soit en mission soit en cherche du boulot, qu’ils dénient aux salariés des petites entreprises le droit d’occuper des sites qui appartiennent à leur donneur d’ordre ou qui appartiennent à leur fédération patronale en leur disant on ne vous connaît pas, vous n’avez rien à faire ici, c’est dénier le droit de grève et de se défendre à 40% ou 50% de la population française. Ces grévistes sont en train de montrer la voie à tous ceux qui n’osaient pas se battre parce qu’ils étaient intérimaires ou salariés de petites entreprises. Et ils ont su trouver la CGT à leurs côtés. On a avec nous des centaines et des centaines de futurs militants syndicaux - pour certains ils le sont déjà – qui auront fait la campagne de régularisation, qui auront appris à parler devant leurs camarades, qui ont appris à les représenter, à les défendre, qui ont distribués des tracts, qui ont fait des journaux, des blogs… C’est une génération de militants syndicaux qui viennent d’ailleurs et qui dans l’avenir vont faire honneur à notre CGT.


Propos recueillis par Cyrielle Blaire

Découvrez les reportages d'Elise Barthet du Monde.fr sur le Fafih



Il y a un mois, ils étaient une quarantaine. Aujourd'hui, ils sont plus de trois cents à avoir quitté leurs restaurants et leurs ateliers de confection pour rejoindre le mouvement de grève des travailleurs sans papiers. Contrairement à l'année passée, ils sont venus en nombre aux côtés des Africains. Installés dans les locaux de la Fafih (Fonds d'assurance formation de l'industrie hôtelière), ils se battent pour être régularisés.
Lire la suite sur Le Monde.fr


Voir aussi : Les travailleurs sans papiers déterminés à être régularisés


Des avancées pour les grévistes sans papiers... le mouvement continue



Une première étape dans l’élaboration d’une circulaire de régularisation pour les travailleurs sans-papiers a été franchie. Le ministère de l’immigration a enfin fourni cette semaine un « document de synthèse » aux organisations et associations qui soutiennent le mouvement. Le 18 novembre les délégués des piquets de grève se sont réunis à Montreuil pour examiner cette proposition de texte qui, malgré quelques avancées, ne satisfait pas encore. Notamment sur le temps de présence de cinq ans sur le sol français exigé par le ministère.
« C’est un texte, ce n’est pas la circulaire », précise Raymond Chauveau, le coordinateur du mouvement, en guise de préambule. Devant une centaine de délégués réunis pour l’occasion, le texte fourni par le ministère de l’immigration a été passé au crible par le syndicaliste. « Le gouvernement demande pour les salariés en CDI ou CDD un contrat de douze mois au smic avant la régularisation et de douze mois après le premier Cerfa. Est admis l’idée d’un multi-employeur », a-t-il précisé. Quelques avancées notables ont aussi été enregistrées pour les cas spécifiques. La première concerne les agents de sécurité qui pourront être régularisés. La seconde amélioration concerne les intérimaires : soit ceux-ci basculeront en CDI, soit la boîte d’intérim réalisera un contrat de 12 mois sur 18 qui ouvrira le droit à une carte de salarié, soit l’agence fera une suite de contrats de missions de 9 mois sur 12 mois qui donnera le droit à une carte temporaire. La durée d’activité exigée pour leur régularisation pouvant être fractionnée en plusieurs périodes discontinues et s’effectuer en partie dans d’autres entreprises que la société d’intérim qui les régularise. « L’objectif de nos discussions avec le ministère c’est qu’il y ait le moins d’obstacles possibles à la régularisation des intérimaires, » explique Raymond Chauveau.
Les organisations ont réussi à faire bouger les lignes concernant « la connaissance d’éléments élémentaires de la langue françaises » posé comme condition sine qua none par le ministère. « Nous étions contre, notamment à cause de nos camarades chinois, précise Raymond Chauveau. Désormais ceux qui ont des problèmes avec la langue française, devront simplement s’inscrire pour suivre une formation. » Concernant les femmes qui travaillent dans le secteur de l’aide à la personne, le ministère veut en faire une clause à part qui ne rentrera pas dans la circulaire. Enfin pour les travailleurs au noir, « ils nous ont pas dit non, ils nous ont pas dit pas question, ils nous ont dit on regarde le problème et on va faire des propositions. Et cela concerne aussi le ministère du travail. Cela nous fait deux rencontres à venir : une au ministère de l’intérieur pour les agents de sécurité, l’autre au ministère du travail pour les camarades au noir. »
Mais le point d’achoppement principal touche à la durée de présence en France. « Nous ne pouvons pas accepter les cinq ans de présence sur le territoire français demandés par le ministère, affirme Raymond Chauveau. Il faudrait travailler cinq ans dans la clandestinité pour être régularisé ?. Il va falloir faire bouger cela. »
Cyrielle Blaire.

samedi 14 novembre 2009

Pas d'évacuation pour les grévistes de Samsic.



Vendredi 13 novembre 2009, une centaine de travailleurs sans papiers en grève depuis le 12 octobre 2008 se sont rassemblés devant le palais de justice de Paris pour suivre l'audience qui devait décider du référé déposé par la direction de Samsic.
Celle-ci demande l'évacuation de ses locaux de la Porte de Champerret, occupés par les grévistes, niant l'existence de sans papiers chez ses salariés. Pourtant nombre d'entre eux sont munis de fiches de paie de Samsic, attestant de leur appartenance à l'entreprise. Le juge, devant les arguments des représentants de la CGT, de la FSU, de Solidaires, d'Autremonde, de Femmes Egalité, de RESF, de la Ligue des Droits de l’Homme et de la Cimade, venus défendre le droit de grève des salariés de Samsic, reporte l'audience au vendredi 20 novembre.
Les organisations et associations présentes déposent conjointement un recours contre l’utilisation abusive et irrégulière de l’ordonnance sur requête. Dans le cadre d’un conflit social, ces évacuations (et à fortiori celles effectuées sans aucune notification valable) constituent une atteinte anticonstitutionnelle au droit de grève.
A la sortie du tribunal, Francine Blanche de la CGT annonce le report de l'audience aux travailleurs sans papiers . Pour la secrétaire confédérale, c'est une première victoire car le droit de grève est reconnu.
Ce délai laisse aussi le temps aux négociations engagés avec le gouvernement d'avancer. Le mouvement pour la régularisation des travailleurs sans papiers entre bientôt dans sa cinquième semaine.
Plus de 5200 grévistes y participent en Ile de France, occupant une quarantaine de sites.
En fin d'après midi, un rassemblement a lieu devant les locaux occupés de Samsic.
Tiphaine Lanvin

vendredi 13 novembre 2009

Plus de 5 000 travailleurs-euses sans papiers en grève.

Après un mois de lutte. 
Liste des piquets de grève de l’Acte II du mouvement des travailleurs-euses sans papiers,actualisée au 12 novembre 2009 à 22 heures.

mercredi 11 novembre 2009

Pas d'armistice pour les travailleurs sans papiers.



A la veille du 11 novembre, le gouvernement de l'identité nationale a une nouvelle fois, fait évacuer les travailleurs sans papiers du bâtiment qui venaient occuper les locaux de la Caisse "congés, intempéries" du BTP francilien, rue de Dantzig dans le 15éme arrondissement de Paris.
En lutte depuis 4 semaines pour leur régularisation, environ 400 salariés des petites entreprises du BTP et des intérimaires travaillant pour des grands donneurs d'ordre tentaient de se regrouper dans un lieu symbolique pour exercer ensemble leur droit de grève.
Munis de leur carte professionnelle du BTP, ils investirent vers 15h30 l'immeuble de cet organisme qui gère les congés payés et le chômage des salariés franciliens du Bâtiment. Deux heures plus tard, une soixantaine de fonctionnaires de la Préfecture de Police de Paris se présentent devant le site occupé pour effectuer, sur réquisition du Préfet, l'évacuation des grévistes. Comme pour l'occupation du chantier de la tour axa, les autorités ont décidé de ne plus passer par la case justice et une simple décision du Préfet suffit à faire intervenir les forces de l'ordre.
Hervé Goix, militant de la Coordination CGT du mouvement des travailleurs sans papiers dénonce alors au commissaire de police présent sur les lieux cette atteinte au droit de grève et cette intervention illégale faute de décision judiciaire. Malgré le malaise des forces de police, qui n'aiment pas visiblement intervenir en dehors de la loi, l'évacuation s'effectue dans un calme relatif. A ce stade de l'opération, une constatation s'impose: les forces de l'ordre dépéchées sur place, sans décision judiciaire leur donnant un ordre légal, sont insuffisantes pour mener à bien cette évacuation et c'est grâce au sang froid des militants CGT et des policiers que cette opération ne tourne pas à la bataille rangée.
Alors que cherche le gouvernement? Déclencher un incident sérieux pour rompre les négociations engagées avec les organisations syndicales pour une nouvelle circulaire de régularisation des travailleurs sans papiers?
Hervé Goix le rappelle aux grévistes, peu après leur sortie de la caisse régionale du BTP: "Nous sommes pour la plupart des pères de familles qui travaillons pour nourrir nos enfants. Le seul but de cette lutte est d'obtenir une circulaire de régularisation pour que nous puissions continuer à travailler, dans de bonnes conditions. N'oublions pas ce but et ne cédons pas à la tentation de réagir hors de la légalité. Notre mouvement est responsable et juste".
Les 400 travailleurs sans papiers s'organisent alors en cortège pour rejoindre le métro Convention, et après une ultime harangue d'Hervé Goix, ils se dispersent dans le calme.
Cette après-midi d'action montre bien la détermination du mouvement des travailleurs sans papiers.
Et les intimidations de toute sorte, les atteintes au droit de grève ne peuvent étouffer cette lutte qui s'amplifie jour après jour, qui se fait connaître et respecter par la population francilienne. Car il est juste et moral de soutenir un mouvement qui se bat non seulement pour les droits du travail, mais aussi pour les Droits de l'Homme.

lundi 9 novembre 2009

4ème semaine de grève pour les travailleurs sans papiers. Appel à la solidarité.



Les militants PCF du 14ème arrondissements de Paris ont exprimé leur soutien à la grève des travailleurs sans papiers en apportant des couvertures, matelas et lampes aux grévistes d’Adec rue La Pérouse près des Champs Elysées. La soixantaine d’ouvriers qui tient le piquet de grève est en effet sans électricité depuis 2 semaines et donc sans chauffage.
Les vigiles assurant la sécurité du chantier faisaient chauffer le café matinal des grévistes, mais se ils sont vus interdire cette action de solidarité par leur employeur. Cette petite mesquinerie montre bien l’état d’esprit des propriétaires des lieux, incapables de comprendre la justesse de la lutte des travailleurs sans papiers pour leur régularisation. La délégation du PCF 14éme fera de nouveau appel à la solidarité des habitants de leur arrondissement pour apporter cette semaine des denrées alimentaires. Car comme l’explique Mr Doucouré, l’un des délégués du site, les moyens financiers viennent à manquer au bout de 3 semaines d’action.
La météo pour les prochains jours n’est pas fameuse et le froid va s’installer sur la capitale. C’est pourquoi il est urgent que les franciliens se mobilisent pour soutenir les 5000 grévistes qui se battent pour la dignité et la liberté.
Visitez les sites occupés, apportez votre solidarité.

samedi 7 novembre 2009

Un journal pour les travailleurs sans papiers en grève.



Le premier numéro d'ICI, le journal des travailleurs sans papiers qui occupent depuis le 12 octobre 2009 une quarantaine de lieux en Ile-de-France, est distribué à compter de ce week-end par les grévistes engagés dans la lutte.

Les organisations syndicales et associations mandatées par le mouvement des grévistes poursuivent  les négociations pour l'obtention d'une circulaire de régularisation uniforme pour tous les travailleurs sans papiers, quelque soit leur statut, leur département ou leur nationalité.


Tiré à 50.000 exemplaires, ce premier numéro d'ICI contient des éclairages sur ce mouvement unitaire historique, des reportages et des paroles de grévistes ainsi que des interviews de représentants d'associations ou d'organisations engagés aux côté de ces travailleurs. Ce journal réalisé par des photographes et journalistes bénévoles est illustré de dizaines de photos témoignant de cette lutte sociale inédite.






Voir aussi  : 

Jolie rencontre entre Marie Georges Buffet et les travailleurs sans papiers en grève.



Les travailleurs sans papiers en grève des secteurs du nettoyage et de la sécurité attendaient avec impatiente la visite de Marie Georges Buffet, secrétaire nationale du Parti Communiste Français. Et ce jeudi 5 novembre matin, dans le soleil automnal , celle-ci accompagnée de Patrice Bessac, secrétaire de la Fédération de Paris du PCF, était bien au rendez-vous sur le site de la société Samsic, occupé depuis 3 semaines.
Elle fit une entrée triomphale dans ce vieux hangar ou plus de 800 travailleurs se sont regroupés pour exiger leur régularisation. Ceux-ci dressaient une haie d'honneur qui se refermait derrière son passage dans une sympathique cohue. Les discours pouvaient commencer. En premier, Raymond Chauveau, de la Coordination CGT du mouvement de travailleurs sans papiers, dressait un bilan de ces 3 semaines de lutte: 4800 grévistes déclarés occupant plus de 50 sites en Ile de France, les négociations qui avancent après 4 rencontres avec le ministère de l'immigration, la nécessité de renforcer le rapport de force pour pouvoir gagner de meilleurs critères pour cette circulaire de régularisation tant attendue par des milliers de femmes et d'hommes travaillant en France. Marie Georges Buffet prenait ensuite la parole pour apporter le soutien du PCF et de tous ses adhérents à cette lutte émancipatrice. Elle rappelait que ce mouvement social défendait tous les salariés de France, car il posait des revendications souvent communes à tous. Les conditions de travail, les salaires, la précarité des salariés de l'intérim ou des femmes travaillant dans le secteur de l'aide à la personne sont en effet des sujets de préoccupation pour tous les travailleurs. Patrice Bessac rappelait que les communistes parisiens soutiendraient les piquets de grève aussi longtemps qu'il le faudrait, appelant le peuple parisien à manifester sa solidarité.
Plusieurs grévistes prenaient ensuite la parole pour remercier chaleureusement les responsables communistes de leur présence.
Marie Georges Buffet est en effet la première responsable nationale de gauche à visiter un piquet de grève du mouvement des travailleurs sans papiers et à leur apporter un soutien sans faille. Cette rencontre pleine d'amitié et d'émotion, surtout quand les femmes grévistes prirent la parole, amène un regain de combativité pour ces grévistes, qui après 3 semaines de lutte, savent qu'ils peuvent compter sur les militants communistes pour gagner leur régularisation.

vendredi 6 novembre 2009

Jacques Boutault, maire du 2ème soutient les travailleurs sans papiers en grève.



« Ce combat est équivalent à celui mené par Martin Luther King. »

Jacques Boutault, le maire PS du 2e arrondissement de Paris, était venu soutenir jeudi 5 novembre les agents de sécurité sans-papiers en grève rassemblés à partir de 17h devant le magasin Monoprix de Strasbourg Saint-Denis. Il a souligné à cette occasion que le combat mené par les travailleurs sans-papiers était « une lutte pour les droits civiques et sociaux », comme le fut le combat de Martin Luther King aux Etats-Unis.


« Au regard du droit du travail vous êtes des salariés comme les autres. Il est parfaitement inadmissible qu'en dépit du travail que vous menez, du fait que vous bénéficiez aux richesses de ce pays, que vous ayez des droits inférieurs à tout autre salarié. Cette situation est parfaitement indigne. Quand on porte un regard historique sur ce que vous vivez on constate que dans les années 50-60 il y avait un monsieur qui luttait pour la défense des droits civiques qui s'appelait Martin Luther King. Aujourd'hui, qui considérerait qu'il pourrait y avoir des différences de droits entre des citoyens des Etats-Unis en fonction de leur couleur? Personne. Aujourd'hui qui peut considérer en France que des salariés qui contribuent à la richesse de notre nation peuvent avoir des droits différents selon qu'ils ont des papiers ou pas de papiers? Cela paraît absurde, cela devrait paraître absurde. Je pense que nos enfants nous reprocherons de ne pas avoir été conscient que aujourd'hui ce que vous vivez est une situation d'iniquité, d'inégalité qui est indigne au regard d'un pays qui promeut les droits de l'homme. De la même manière que des luttes qui ont été menées dans d'autres pays, dans d'autres contextes, ont contribué à l'égalité du droit, les luttes que vous menez aujourd'hui contribueront à l'égalité du droit et à ce que chaque salarié soit reconnu comme faisant parti de la nation parce qu'il contribue à la nation. Je suis à vos côtés, car ce que vous menez c'est une lutte pour les droits civiques et sociaux. »
Cyrielle Blaire

jeudi 5 novembre 2009

Témoignage de Toumani, travailleur sans papiers sur le chantier de la Tour Axa.

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Les photos de ce diaporama ont été prises par Toumani, qui a travaillé comme chalumiste intérimaire sur le chantier de la Tour Axa pendant 2 ans et demi. Pas de combinaisons contre les projections des chalumeaux, pas de protections contre l'amiante... Il parle des conditions de sécurité sur le chantier. Il est aujourd'hui en grève, avec ses collègues sans papiers de l'entreprise Adec.
Propos recueillis par l'association Autremonde.

mercredi 4 novembre 2009

4896 travailleurs-euses sans papiers en grève.

Liste des piquets de grève de l’Acte II
du mouvement des travailleurs-euses sans papiers,
actualisée au 04 novembre 2009 à 21 heures.


lundi 2 novembre 2009

Les travailleurs sans papiers assurent à la tour First



Ce matin, 300 travailleurs sans papiers du bâtiment ont occupé le plus grand chantier d'Europe, celui de la tour AXA à la Défense. Quelques jours après le renoncement de Jean Sarkosy à la présidence de l'EPAD, organisme qui gère le quartier d'affaires de la Défense, les sans papiers se rappellent au bon souvenir du père, appuyant par cette action les négociations en cours pour une nouvelle circulaire de régularisation entre les 5 syndicats mandatés et le ministère de l'immigration.
Dès 7 heures du matin,une centaine de grévistes se sont engouffrés dans les escaliers qui déservent les bureaux de chantier de la société Bouygues. Rejoints peu après par 200 de leurs camarades, ils occupaient l'ensemble des lieux, laissant toutefois les ouvriers et le personnel de l'immense chantier prendre leur service et travailler. La direction du chantier, "pour des raisons de sécurité" demandera à son personnel de quitter les lieux une heure plus tard. Peut-être aura-t-elle eu peur des discussions fraternelles qui s'engageaient entre grévistes et non grévistes.
Car la plupart des travailleurs sans papiers présents sur les lieux connaissaient bien l'endroit pour y avoir travaillé plus d'un an pour certains, le prouvant en montrant leur badge d'entrée de chantier. Il y avait là des salariés d'ADEC, société de démolition que l'on retrouve souvent ces derniers jours lorsque l'on parle de sans papiers, qui désossèrent la vieille tour datant de 1974, mais aussi des intérimaires de Synergie Adecco travaillant pour Bouygues.
Le piquet de grève s'installait après les négociations d'usage avec les représentants de Bouygues d'une grande civilité, sous le contrôle de la force publique, arrivée prestement sur les lieux.
La presse était aussi rapidement au travail et de nombreuses équipes de télévision relayèrent l'information de l'occupation toute la journée.
A la mi-journée, on pouvait se demander comment ferait Bouygues pour mener à bien la rénovation de cette tour de 159 mètres de haut, agrandie de 13 étages, qui mesurera plus de 220 mètres à terme. En effet, sans l'apport des travailleurs sans papiers et de leur expérience, il sera difficile au maître d'oeuvre de conduire ce chantier dans les délais, tant il est compliqué actuellement de trouver de la main d'oeuvre qualifiée dans le secteur du bâtiment. Quel choix cornélien pour ces grands bâtisseurs? Soutenir un gouvernement qui préfère les expulsions aux régularisations ou appuyer celles-ci pour faire fonctionner le business?
La réponse tomba vers 15h30, quand une compagnie de CRS évacua les grévistes, mandatée par une décision du Préfet de police de Paris liée à un trouble manifeste à l'ordre public, dans le cadre de pouvoirs étendus du dit Préfet sur le grand Paris.
Comme pour les grévistes d'Asten qui occupaient les locaux RATP de la rue Championnet, l'évacuation de la tour AXA montre à quel point la publicité faite aux grands donneurs d'ordre dans les conflits de travailleurs sans papiers leur est indigeste. Ces grandes firmes ne s'embarrassent pas du cheminement judiciaire normal qui voudrait qu'ils déposent un référé auprès d'un juge pour obtenir une décision d'expulsion. Trop aléatoire pour ces seigneurs du capitalisme qui préfèrent faire fonctionner le carnet d'adresse et obtenir ce qu'ils veulent sans passer par la case justice. Ce qui donnerait à penser que celle-ci est encore assez indépendante pour que les puissants s'en méfient.
Alors ce soir, nous pouvons nous interroger sur ce nouveau concept de trouble manifeste à l'ordre public engendré par des grévistes qui occupent leur lieu de travail. Que devient le droit de grève qui est un droit constitutionnel?
Pour les travailleurs sans papiers dont la détermination est aussi vivace qu'aux premiers jours d'une lutte qui entre dans sa troisième semaine, la question est celle de la régularisation : quand et sous quelles conditions.

dimanche 1 novembre 2009

Les travailleuses sans papiers manifestent à Saint Lazare.



Plus de 200 femmes sont entrées dans le mouvement des travailleurs-euses sans papiers cette semaine. Ces travailleuses exercent principalement dans les services à la personne. Leur boulot : s'occuper des enfants, accompagner des personnes âgées, faire le ménage. Du travail reconnu et socialement utile. Alors normalement, tout devrait bien se passer pour ces femmes dans un secteur d'activité qui manque cruellement de main d'oeuvre. Malheureusement, la réalité est toute autre. Souvent isolées, ces travailleuses subissent une double discrimination, d'abord parce qu'elles sont femmes et parce qu'elles sont sans papiers.
Mercredi 28 octobre, des dizaines de femmes se sont rassemblées derrière les banderoles de Femmes Egalité et de Droits Devant!! pour exiger leur régularisation.
A la maison des Femmes de Montreuil, Ana Azaria et les militantes de Femmes Egalité organisent le lendemain soir une réunion de travailleuses sans papiers pour les amener à s'engager dans le mouvement de grève qui exige leur régularisation. Sans celle-ci, elles ne peuvent en effet prétendre à demander que le droit du travail leur soit appliqué. Et la peur quotidienne de se faire prendre lors d'un contrôle de police et d'être reconduite à la frontière est toujours présente, une catastrophe lorsque l'on sait que ces femmes sont souvent mères d'enfants scolarisés en France.
Une vingtaine de femmes entourent Ana. Chacune nous raconte son histoire dont le dénominateur commun est l'exploitation. Souvent les patrons ne sont pas méchants, mais ils profitent toujours au bout du compte du manque de papiers. La plupart sont payées au noir, de temps en temps un chèque emploi-service, mais jamais de congés payés, jamais de contrat de travail, jamais de cotisations sociales qui ouvriraient de vrais droits. Les salaires ne sont pas non plus au rendez-vous, de cinq à huit euros de l'heure, quand le patron est sympa.
Natacha*, une ukrainienne de 40 ans nous explique que ses patrons sont partis 3 mois en vacances cet été, trois mois de farniente pour eux, trois mois de galère pour elle. Car l'été, les familles de Neuilly-sur-Seine ou de Boulogne-Billancourt ont moins besoin de ménage ou de garde d'enfants. Alors il faut ronger son frein, compter les sous et attendre le retour des vacanciers. Car les vacances pour Natacha se passent toujours dans le 18eme arrondissement de Paris où elle habite avec son mari et son fils de 16 ans. Sa chance : avoir les yeux bleus et être blonde, elle évite au moins les contrôles de police. Pour le reste, c'est la même galère que pour ses consoeurs maghrébines. Plusieurs employeurs, quelques heures de ménage par ci, quelques heures par là, la course pour aller d'une adresse à une autre, avec le sourire toujours. Pas d'état d'âme dans le service à la personne, ses petites misères, il faut les garder au fond de sa poche. Et la crise est là, même à Neuilly. Natacha nous explique que de trois heures de ménages par famille, elle est passée à deux heures et demie puis deux heures par semaine. "Vous comprenez ma chère Natacha, les temps sont durs". Et pour elle, sans contrat de travail, il lui faut comprendre les "soucis" de la patronne et accepter.
Cependant Natacha ne se résigne pas. A quarante ans, elle pense aussi au futur et ne souhaite pas travailler jusqu'à la mort. Alors elle veut être déclarée, pour pouvoir toucher une retraite.
Elle a déjà proposé à sa dizaine d'employeurs de remplir la promesse d'embauche (cerfa), synonyme de régularisation, mais aucun n'a voulu s'engager,"parce qu'ils ont tous peur de payer les arriérés de cotisations". Natacha n'est pas la seule dans ce cas autour de la table. Toutes hésitent à proposer à leurs patrons les promesses d'embauche. La peur d'être virée ou la peur de causer des problèmes aux familles auxquelles elles sont souvent attachées les amènent à l'ultime atermoiement devant leur engagement dans la lutte. Ana Azaria les convainc finalement.
Non les patrons ne risquent rien. Seulement ils devront payer leurs employées au minimum sur la base du smic.
Ana enlève finalement la décision et chaque travailleuse remplit sa carte de gréviste, symbolique, puisqu'elles ne peuvent pas faire grève. Mais déjà, elles ont renoncé par ce geste
à rester dans l'ombre imposée par ce manque de papiers. Elles ne sont plus seules, et cette réunion leur donnera demain matin la force d'aller travailler la tête haute.


* le prénom a été volontairement changé.


Voir aussi  : 
http://www.humanite.fr/2009-10-27_Societe_Sans-papiers-Les-travailleuses-aussi

La grève pour la dignité, article de Pierre Gernez.



Il s’appelle Moussa*. Il a 31 ans et demi et près d’un mois d’occupation du chantier de prolongement du T3 derrière lui. Derrière lui, Moussa a aussi son pays natal, la Mauritanie. Devant lui, Moussa scrute l’espoir d’être régularisé.
Car il fait partie de ces travailleurs sans papiers – un paradoxe ! – qui transpirent pour une société d’intérim qui s’enrichit sur leur dos. « C’est la SELPRO qui nous embauche », raconte le gréviste. La SELPRO qui sous–traite pour la Suburbaine, entreprise accréditée par la Ville de Paris dans cette phase préliminaire de déviation des réseaux avant le véritable chantier de prolongation du T 3.
Moussa fait le travail que les entreprises ne veulent plus donner aux Français : des travailleurs sans papiers, c’est tellement plus rentable, plus malléable.
Badaboum ! Moussa s’est mis en grève le premier jour du chantier, le 12 octobre dernier pour avoir le droit de travailler dans la dignité. Car auparavant, il a travaillé sur le même type de chantier « sans casque, ni gants, à peine un baudrier fluorescent ». Depuis 9 ans qu’il est arrivé de Mauritanie, Moussa a bien « servi » la France, sans demander son reste, sauf celui d’obtenir aujourd’hui des papiers comme le réclament des milliers de ses compagnons d’infortune. L’immigré habite un foyer, sans droit, ni loi, sauf celle du plus fort, comme sur les chantiers « où il ne faut pas trop la ramener, sinon c’est fin de mission ». Moussa doit faire grève sur le tas, dans le froid, à la porte des Lilas pour obtenir des papiers et ne plus vivre angoissé. Grâce à la solidarité du voisinage et des syndicats, Moussa et la vingtaine de sans papiers comme lui peut tenir longtemps comme ça à distribuer des tracts, à dormir sous une tente et à se laver le matin au bistrot.
Pierre Gernez.

*le prénom a été changé.

Voir aussi :
http://www.alternatv.fr/une-journee-a-paris-poste-et-sans-papiers/a-la-une
http://www.cambadelis.net/2009/10/30/a-lattention-du-ministre-de-linterieur/